Pourquoi parler de Safeguarding maintenant
Le 19 décembre 2025, l’Association of Tennis Professionals (ATP) a annoncé un programme mondial de protection destiné à prévenir et traiter les situations d’abus et de harcèlement sur l’ensemble du circuit, y compris les tournois Challenger. L’annonce précise une entrée en vigueur à partir de janvier 2026 et détaille un cadre commun qui s’appliquera à tous les acteurs du circuit. Cette évolution n’est pas cosmétique. Elle transforme l’environnement dans lequel les joueurs et leurs équipes évoluent, avec des règles, des rôles et des procédures qui influencent directement la préparation mentale, la gestion du stress et la communication interne d’une équipe. Pour comprendre l’ampleur, commencez par lire l’annonce officielle du programme de Safeguarding.
L’objectif est clair: créer un espace de travail sûr, cohérent et prévisible. Un environnement prévisible réduit l’anxiété et libère de la bande passante mentale pour la performance. Le cadre 2026 va donc bien au-delà de la conformité administrative. Il touche au cœur de la préparation mentale. Pour structurer votre organisation hors court, consultez nos routines et signaux hors court.
Ce qui change concrètement en 2026
Un officier de protection dans chaque tournoi
Chaque tournoi aura un officier de protection désigné sur site. Il sera le point d’entrée pour toute préoccupation, que ce soit un comportement inapproprié dans une salle de physio, un problème de limites professionnelles au sein d’une équipe ou une conduite menaçante d’un tiers. Pour un joueur, savoir à qui s’adresser en cas de problème retire l’incertitude qui nourrit l’hypervigilance.
Conséquence sur la préparation mentale: intégrer dans la routine de reconnaissance du site un bref passage par le bureau des accréditations pour demander le nom, la localisation et les horaires de l’officier de protection. C’est une micro-habitude de deux minutes qui crée une ancre de sécurité.
Formations obligatoires pour joueurs et staffs
L’ATP prévoit des modules de formation pour les joueurs, les membres des équipes techniques et le personnel des tournois. Les sujets vont de la prévention à la réaction adaptée, en passant par la compréhension des dynamiques de pouvoir et des signaux faibles d’un environnement non sûr. Une formation bien conçue réduit les angles morts. Elle aligne le vocabulaire et les attentes, ce qui diminue les malentendus au sein des équipes.
Conséquence sur la préparation mentale: traiter ces formations comme des séances de « prise d’info » plus que comme des cases à cocher. L’objectif de performance est de transformer la connaissance en réflexes simples. Le bon indicateur n’est pas le certificat obtenu, mais la capacité à décrire, en 30 secondes, qui fait quoi, quand et comment en cas de problème.
Canaux de signalement confidentiels et anonymes
Le programme met en place des voies de signalement multiples, dont des options anonymes et des formulaires en ligne. L’essentiel côté mental, c’est la réduction du coût psychologique de parler. Chaque fois qu’un athlète hésite à rapporter un fait par peur de conséquences, son attention est détournée de la performance. Avoir des voies variées et claires permet de choisir celle qui est la plus compatible avec l’état émotionnel du moment.
Conséquence sur la préparation mentale: intégrer un « script de signalement » dans la préparation pré-tournoi. Un script est une phrase d’ouverture mémorisée qui fait gagner 90 secondes et 30 battements par minute au moment décisif. Exemple: « Je souhaite signaler un comportement qui me met mal à l’aise et j’aimerais savoir quelles sont les étapes suivantes. »
Supervision indépendante et voies de recours
Le cadre prévoit une supervision indépendante de la mise en œuvre et des voies de recours externes. Cette indépendance a deux effets mentaux. D’abord, elle augmente la crédibilité perçue du système, donc la probabilité de l’utiliser. Ensuite, elle clarifie les responsabilités, ce qui réduit le dialogue interne du type « est-ce que je vais me griller si je parle » qui consomme de l’énergie.
Conséquence sur la préparation mentale: désigner, au sein de l’équipe, un référent qui tient à jour la cartographie des recours. C’est une simple fiche dans le classeur de tournoi, avec trois lignes: à qui s’adresser, comment, sous quel délai. Cette fiche devient un objet transitionnel qui rassure autant qu’un plan de match.
Protections contre les abus en ligne
L’ATP a déployé un service qui utilise des technologies d’intelligence artificielle et de supervision humaine pour détecter et masquer les commentaires abusifs sur les comptes sociaux des joueurs. Les premiers résultats publics montrent des volumes élevés de propos toxiques filtrés, ce qui limite la charge émotionnelle post-match. Pour prendre la mesure du phénomène et de l’outil, lisez le bilan Safe Sport 2025, qui explique comment les commentaires sévèrement abusifs ont été identifiés et masqués en temps réel.
Conséquence sur la préparation mentale: revoir la routine numérique d’après-match. L’objectif est de couper la boucle de dommage émotionnel en moins de cinq minutes, afin que la récupération ne soit pas contaminée par une exposition répétée aux contenus hostiles.
À combiner avec d’autres réformes 2026: pour vos ajustements de charge et de récupération, voir la règle chaleur WBGT 2026.
Ce que cela change pour la tête et le vestiaire
- Moins d’ambiguïté. Des rôles et des procédures clairs réduisent la rumination et la fatigue décisionnelle. On ne perd plus du temps à se demander si une situation est « assez grave » pour agir. On suit une procédure.
- Plus de cohésion d’équipe. Un langage commun sur les limites professionnelles, le consentement et la sécurité crée un terrain partagé. Une équipe qui se comprend s’économise des micro-conflits.
- De nouvelles exigences cognitives. Apprendre des procédures, tenir un code de conduite, intégrer de nouvelles interactions avec un officier de protection, tout cela charge la mémoire de travail. Il faut adapter les routines pour digérer ces nouveautés sans surcharger la veille d’un match.
- Une culture de signalement sans dramatisation. Signaler n’est pas une guerre. C’est une démarche professionnelle, comme faire régler une raquette. Répéter cette idée en briefing libère la parole sans théâtraliser.
Guide pratique pour l’intersaison 2025-2026
L’intersaison est la fenêtre idéale pour transformer un nouveau cadre en avantage compétitif. Voici un plan d’action précis. Pour structurer votre macrocycle, appuyez-vous sur la pré-saison 2026 avec data.
Étape 1. Audit d’équipe en 45 minutes
- Cartographiez votre entourage: joueur, coach principal, préparateur physique, kinésithérapeute, sparring, agent, proches. Notez les lieux d’interaction à risque de confusion de rôles: chambre d’hôtel, voiture, salle de soins, messages privés.
- Identifiez les situations de tension récurrentes: retour de blessure, baisse de forme, désaccords tactiques, fatigue logistique en back-to-back. Pour chacune, décrivez le signal faible qui annonce la dérive.
- Décidez qui sera le référent Safeguarding de l’équipe. Il n’est pas juriste. Il tient à jour les infos et rappelle la procédure quand la tension monte.
Étape 2. Mettre à jour le code de conduite interne
Écrivez un code opérationnel d’une page. Critères: concret, observable, testable.
- Limites de contact et de confidentialité. Exemple: pas de séances de soins en porte fermée sans consentement explicite et possibilité d’un tiers présent. Pas d’échanges sensibles sur une messagerie perso si un canal professionnel est disponible.
- Normes de langage. Pas d’attaques sur la personne. Critique focalisée sur le comportement et non sur l’identité.
- Règles de déplacement. Attribution claire des chambres, déplacements à deux quand cela réduit le risque, point de contact unique en cas de problème à l’hôtel.
- Procédure de désescalade. Un protocole de trois minutes: pause, reformulation, proposition d’étape suivante.
Testez ce code avec un jeu de rôle. Le coach prend la place du joueur, le joueur celle du coach. Faites-le deux fois. L’inversion de rôles révèle les zones floues.
Étape 3. Adapter la routine mentale
Ajoutez trois micro-rituels qui s’imbriquent sans alourdir.
- Le « 3 x 3 sécuritaire ». Au début de la semaine: 3 personnes de confiance, 3 lieux sûrs au club, 3 phrases clés si quelque chose ne va pas.
- Le « Stop - Scanner - Agir ». Stop: une respiration lente de 6 secondes. Scanner: nommer la situation en une phrase. Agir: choisir la prochaine petite action écrite dans le plan. Objectif: réduire le temps passé dans l’inaction anxieuse.
- La « revue des limites » du dimanche. Cinq minutes pour noter une situation où une limite a été bien posée, une où elle était floue, et une décision pour la semaine suivante.
Étape 4. Protocole jour de match
- Repérage. À l’arrivée sur site, récupérer le nom et l’emplacement de l’officier de protection. L’ajouter dans le téléphone avec la photo du hall.
- Script de signalement. Mémoriser la phrase d’ouverture. L’écrire dans l’app de notes partagées de l’équipe.
- Debrief rapide post-match. Question fixe: « Y a-t-il eu un événement hors tennis qui a demandé de l’énergie mentale aujourd’hui » et « Ai-je besoin d’aide pour le traiter ». Ce n’est pas un confessionnal. C’est un tableau de bord.
Étape 5. Hygiène numérique anti-abus
L’abus en ligne n’est pas un détail, surtout sur des tournois où l’enjeu est élevé. Il faut traiter le numérique comme une zone de récupération.
- Rôle dédié. Désignez dans l’équipe la personne qui gère les messages privés après les matchs pendant 24 heures. Le joueur ne lit pas les messages non filtrés la veille de match.
- Filtrage intelligent. Activez les filtres de mots, les paramètres de commentaires approuvés et les options de masquage automatique. Si vous utilisez un service tiers proposé par l’organisateur, vérifiez la procédure de connexion et ce qui est conservé ou supprimé.
- Protocole en cas de menace. Ne pas répondre. Capturer l’écran avec métadonnées. Faire remonter via le canal officiel. Transférer immédiatement à l’officier de protection en cas de sentiment d’insécurité.
- Routine émotionnelle. Après exposition involontaire, pratiquer deux cycles de respiration cohérente (4 secondes d’inspiration, 6 secondes d’expiration), puis 90 secondes d’attention focalisée sur une sensation corporelle neutre. Objectif: verrouiller l’impact émotionnel pour protéger le sommeil.
Étape 6. Formation ciblée, courte et fréquente
Transformez la formation obligatoire en investissement utile.
- Micro-modules de 12 minutes, toutes les deux semaines, sur un thème différent: signalements, limites professionnelles, logistique en déplacement, gestion d’un incident dans un vestiaire.
- Jeux de rôle tournants. Une fois par mois, un scénario tiré d’une boîte à cartes « situations délicates ». Durée totale 15 minutes: 3 pour jouer, 7 pour débriefer, 5 pour écrire l’élément à ajouter dans le code de conduite.
- Métriques de rétention. En fin de séance, chacun écrit une phrase d’action qu’il se voit faire en tournoi. Si elle n’est pas spécifique, on la réécrit.
Étape 7. Juniors et parents
Pour les bons juniors qui entrent sur le circuit, le cadre de protection est une chance et un défi. Les parents jouent un rôle clé.
- Clarifiez les rôles parent et coach. Deux canaux distincts, deux objectifs distincts. Le parent soutient la personne. Le coach dirige le projet sportif.
- Installez des règles numériques partagées: horaires sans téléphone, canaux officiels pour la logistique, filtre anti-insultes activé avec mots-clés personnalisés.
- Préparez une « carte de sécurité » simple: deux personnes de confiance joignables, l’emplacement du bureau de l’officier de protection, le script d’ouverture de signalement.
Cas pratiques pour s’approprier le cadre
Cas 1. Un joueur reçoit des messages hostiles après une défaite
- 0 à 5 minutes. Ne pas ouvrir les messages privés. Activer le mode silence des notifications.
- 5 à 10 minutes. Le membre de l’équipe en charge du numérique trie les messages avec les filtres. Les contenus menaçants sont capturés et transférés via le canal officiel. Le joueur pratique la routine de respiration et de recentrage.
- 10 à 20 minutes. Debrief technique de match, sans référence aux messages. Le cerveau mémorise l’ordre des priorités: d’abord l’analyse, ensuite l’administration.
- En 24 heures. Si besoin, échange rapide avec l’officier de protection. Le but est d’enlever de l’incertitude, pas d’ouvrir un dossier plus grand que nécessaire.
Cas 2. Une tension interne déborde en salle de soins
- Avant. Le code de conduite prévoit la présence d’un tiers sur certaines séances et la possibilité d’interrompre à tout moment sans justification.
- Pendant. Si un commentaire ou un geste franchit une limite perçue, on applique Stop - Scanner - Agir: on dit « je fais une pause », on nomme la situation en une phrase factuelle, on propose un déplacement vers un endroit plus public.
- Après. Si le malaise persiste, on documente succinctement et on demande conseil à l’officier de protection. Le joueur n’est pas chargé de qualifier juridiquement. Il signale et cherche l’étape suivante.
Outils simples à mettre en place dès cette semaine
- Fiche Safeguarding de tournoi: nom, lieu et horaires de l’officier de protection, canaux de signalement, voies de recours. Une page imprimée, rangée avec la logistique du tournoi.
- Script de signalement: phrase d’ouverture mémorisée et visible dans l’appli de notes partagées.
- Check-list numérique 24 heures avant match: désactivation des notifications, filtre de commentaires, délégation des messages privés.
- Tableau d’incidents mineurs: une ligne quand un micro-événement a demandé de l’énergie mentale. Objectif: détecter les patterns plutôt que dramatiser un cas isolé.
Indicateurs de réussite à suivre en 2026
- Temps de retour au calme après match. Viser moins de 20 minutes, y compris si des messages hostiles ont circulé.
- Taux d’actions issues des jeux de rôle. Comptez combien d’éléments concrets ont été ajoutés à votre code de conduite.
- Clarté perçue des rôles. Tous les membres peuvent répondre en 30 secondes à la question: qui contacter, comment, sous quel délai.
- Qualité du sommeil en tournoi. L’objectif est un score de sommeil stable après défaite comme après victoire.
Et OffCourt dans tout ça
L’entraînement hors du court est le levier le plus sous-utilisé en tennis. OffCourt le déverrouille avec des programmes physiques et mentaux personnalisés construits à partir de votre manière réelle de jouer. Dans l’application OffCourt.app, vous pouvez:
- Créer votre fiche Safeguarding par tournoi et la partager avec l’équipe.
- Intégrer des micro-rituels comme Stop - Scanner - Agir dans vos routines d’avant et d’après-match.
- Planifier des jeux de rôle avec rappel automatique et enregistrer les apprentissages pour enrichir votre code de conduite.
- Journaliser vos expositions au contenu hostile et suivre l’impact sur le sommeil et la récupération.
L’objectif n’est pas de devenir expert juridique. C’est d’éliminer les fuites d’attention qui coûtent des points importants.
Foire aux questions rapides
- Faut-il tout signaler? Non. Il faut signaler ce qui franchit une limite objective ou ce qui persiste et pèse sur la sécurité ou la performance. En cas de doute, un échange court avec l’officier de protection permet de décider.
- Le signalement est-il public? Non. Les canaux prévus incluent des options confidentielles et parfois anonymes. L’idée est de vous permettre d’agir sans vous exposer inutilement.
- Est-ce que cela va distraire les joueurs? Au contraire si c’est intégré à la routine. Un cadre clair réduit l’incertitude et libère de l’énergie pour le tennis. La distraction vient surtout des zones grises.
Conclusion
Le programme ATP Safeguarding ne va pas seulement rendre les tournois plus sûrs. Il crée un terrain de jeu mental plus stable. Ceux qui transformeront ce cadre en routines simples gagneront un avantage silencieux: moins d’énergie gaspillée en coulisses, plus de précision sur le court. L’intersaison 2025-2026 est la fenêtre pour agir. Équipez votre vestiaire d’un code clair, répétez vos scripts, préparez votre hygiène numérique et ancrez ces habitudes dans un outil de suivi. Ouvrez OffCourt et programmez dès aujourd’hui vos rituels de sécurité mentale. Le jour où la pression monte, vous serez déjà en avance d’un coup.